Plantes artisanales et industrielles

Depuis toujours l’humanité tire parti des végétaux pour sa vie et sa survie : se nourrir bien sûr, mais aussi s’abriter, se vêtir, s’outiller, produire divers objets, les décorer etc. Certains de ces usages ont perduré, en se transformant, c’est le cas de la production de textiles ou encore de la vannerie et de la sparterie. D’autres, comme la teinture, ont disparu ou presque, mais leur connaissance théorique et scientifique demeure.

 
Plantes textiles

Les fibres les plus connues en Europe ont longtemps été celles du lin et du chanvre. Ces espèces étaient cultivées à grande échelle pour alimenter l’artisanat puis l’industrie textile. Elles ont cédé la place à d’autres, le coton, les jutes et le sisal dès le XIXe siècle, qui seront supplantées à leur tour par les fibres synthétiques au siècle suivant.

D'où proviennent les fibres ?

  • des tiges pour le lin et le chanvre… et beaucoup d’autres espèces. Mais pour les extraire, il faut l’aide de microorganismes qui vont décomposer partiellement la plante : c’est le rouissage.
  • des tiges et de « l’écorce » (phloème) pour les jutes : et le rouissage n’est pas le même pour les deux!
  • des feuilles de l’agave pour le sisal. Les plus charnues. Les fibres sont extraites des feuilles, séparées par un procédé mécanique : grande roue à Madagascar avec rinçage, écorcheuse à sec brésilienne...
  • des longs poils présents sur les graines pour le coton. Ces fibres sont séparées des graines par un procédé mécanique : c’est l’égrenage.
 

Le saviez-vous ?

D’autres plantes moins connues pour cet usage fournissent aussi des fibres, c’est le cas de plusieurs espèces d’orties et d’hibiscus.
Plantes tinctoriales

De nombreux hôtels particuliers du vieux Toulouse évoquent le souvenir de l’âge d’or du pastel, la Renaissance toulousaine. De la fin du XVe siècle au début du XVIIe la qualité réputée de la production de pastel du Lauragais et de l’Albigeois ont assuré la subsistance de ces régions agricoles, et constitué les fortunes colossales de quelques importants propriétaires terriens et négociants toulousains. Des fortunes investies dans ces belles demeures, aujourd’hui vestiges de ce pays de Cocagne. L’utilisation de cette teinture bleue très résistante est attestée depuis le Néolithique. Sa culture a perduré jusqu’au XVIIe siècle, le pastel n’a pas résisté ensuite aux importations d’indigotier d’Asie et des Amériques.

Les plantes ont été jusqu’au XIXe siècle la source principale pour la fabrication des teintures jusqu’aux apports de la chimie et à la découverte des colorants de synthèse.Pour la culture de ces plantes, de grandes surfaces sont nécessaires.

Quelle plante pour quelle couleur ?

  • Rouge : garance ou carthame
  • Jaune : gaude, réséda, genêt, sarrette
  • Bleu : le pastel et l’indigo

Outre ces teintures " grand teint ", c’est-à-dire très résistantes, un grand nombre d’autres plantes ont longtemps servi à produire des couleurs "petit teint".

Le saviez-vous ?

La teinture rouge peut aussi être obtenue à partir d'insectes.
L'usage des cochenilles est attesté au Néolithique en Provence et on le rencontre dans les enluminures des manuscrits médiévaux. Cette teinture luxueuse est majoritairement utilisée pour les productions destinées à la royauté et aux cardinaux. Aujourd'hui on rencontre encore le colorant issu de la cochenille du cactus sous l’appellation E120 dans de nombreux produits alimentaires.
Vannerie - sparterie

L’assemblage de tiges ou de fibres végétales permet de tresser, de tisser, de fabriquer corbeilles, paniers, chapeaux et autres objets de la vie courante.

En Europe on utilise deux types de vannerie :

  • la vannerie tressée qui consiste à entrecroiser de longues tiges d’osier, de châtaigner ou de nombreuses autres espèces
  • la vannerie en spirale pour laquelle un lien, souvent de la ronce, est utilisé pour assembler un faisceau de chaumes de seigle, blé ou autre graminée


La sparterie, quant à elle, consiste à tisser des cordages, filets, nattes, semelles, etc. Elle use de fibres très solides, en particulier de deux graminées méditerranéennes nommées spartes, mais aussi de nombreuses autres espèces dont le chanvre de Manille, le sisal, les jutes, les fibres de coco et autres scirpes et joncs.

Le saviez-vous ?

Le blé rouge de Gruyère est une variété originaire de Suisse.

Il est cultivé pour sa paille qui était autrefois très prisée pour la confection de chapeaux, ce qui constituait son unique usage.
Plantes insecticides et insectifuges

Nombreuses sont les plantes qui ont développé au cours de leur évolution la synthèse de molécules toxiques ou répulsives pour les insectes. Cette propriété a de longue date été largement été utilisée et optimisée par les populations humaines pour se protéger contre des parasites ou pour conserver les récoltes.

Par exemple :

  • la menthe pouliot est réputée éloigner les puces
  • on peut tirer de l’ortie ou de certains chrysanthèmes des insecticides performants
Plantes sucrières

Les tiges de la canne à sucre et, dans une moindre mesure, les racines de la betterave sont les principales ressources mondiales en sucre. Toutefois on peut en extraire aussi de certains palmiers, agaves ou sorghos. D’autres plantes sont dites édulcorantes car elles contiennent des composants qui miment la saveur sucrée sans être un sucre. C’est le cas de l’herbe sucrée des Aztèques et de la stévia, cette dernière connaissant actuellement un fort engouement comme alternative à l’aspartame

Plantes oléagineuses
Olives, tournesol, arachide et colza sont les plantes oléagineuses les plus connues sous nos latitudes. On utilise ces huiles dans l’alimentation mais aussi comme lubrifiant dans l’industrie ou encore comme combustible. Mais de nombreuses autres espèces peuvent aussi fournir de l’huile : le lin, le carthame, le sésame, le coton, ou les noix, sans oublier celui dont l’exploitation pose question : le palmier à huile
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